Innover : rencontre entre deux experts de la voile et de l'assurance

Publié le 29 sept. 2017

Suite de notre série d’entretiens entre deux experts de la course au large et de l’assurance. Pour ce deuxième opus, Michel Desjoyeaux directeur de l’écurie Mer Agitée et référence de la course au large et Grégory Kron, directeur technique, actuariat et filiales du Groupe SMA aborde la notion d’innovation, maître mot pour accompagner toujours plus loin sociétaires ou skipper.

Comment définiriez-vous l’innovation ?

Grégory Kron : « Innover, c’est proposer des choses qui n’existent pas avec dans l’idée d’atteindre certains objectifs ou d’améliorer les choses. En tant qu’assureur, notre but est de trouver des solutions à de nouvelles problématiques d’assurance que peuvent se poser nos sociétaires, de réfléchir à de nouveaux services. L’innovation c’est quelque chose qui marque une certaine forme de rupture. »

Michel Desjoyeaux : « Pour moi, innover c’est trouver des solutions pour résoudre des problèmes ou pour aller plus loin. En réalité, c’est très difficile d’innover à proprement parler, je préfère le terme optimiser. »

Est-ce que l’innovation est une absolue nécessitée ?

Michel Desjoyeaux : « Innover pour innover, c’est totalement inutile. Mais innover pour résoudre des problèmes ou pour aller plus loin, alors oui !


Grégory Kron : « Comme le dit Michel, je ne crois pas à l’innovation pour faire de l’innovation. Je ne crois pas à la nécessité de créer tout le temps de nouvelles choses. L’idée, c’est de créer des solutions utiles qui permettent à tout le monde d’aller de l’avant. »

Vous évoluez tous les deux dans des milieux ultra-concurrentiels, est-ce que vous innovez pour faire face à cette concurrence ?  

Grégory Kron : « Faire comme les autres ce n’est pas innover, cela se rapproche plus de la veille concurrentielle ou de la mise à jour de produits. »


Michel Desjoyeaux : « La concurrence, c’est la personne qui essaye de te copier, en général quand elle n’est pas capable d’aller plus loin dans l’optimisation. Sauf que, quand tu copies, tu as déjà un train de retard et tu n’as pas la réflexion qui t’a amené à produire l’innovation en question. »

Avez-vous des exemples d’innovations ?

Grégory Kron : « Nous avons développé plusieurs nouveaux produits. L’assurance Cyber par exemple qui répond à la problématique des piratages informatiques des entreprises ou encore notre produit « Assurdrones ». Certains de nos clients sont amenés à utiliser des drones pour l’entretien des immeubles par exemple. Au lieu d’installer des échafaudages, ils utilisent un drone pour voir l’état de la toiture et prévoir la nature des travaux. La règlementation européenne est complexe et demande un savoir-faire assurantiel assez précis. Nous leur proposons une solution globale qui va au-delà d’un simple papier d’assurance que tout le monde peut faire. C’est un produit spécifique qui leur permet d’être assuré en responsabilité civile, d’avoir les autorisations pour pouvoir voler, qui les protège en cas de sinistre, avec le travail avec des experts de l’assurance aviation pour pouvoir, en cas de problème, être capable de trouver les bons interlocuteurs qui pourront intervenir et gérer le sinistre. »

Michel Desjoyeaux : « On peut parler des bateaux de la Coupe de l’America mais beaucoup des évolutions qu’il y a eu sur les systèmes embarqués sont ceux que l’on retrouve sur des avions. Donc ce n’est pas forcément une innovation en soit. »

Grégory Kron : « Le monde de la course au large est malgré tout très inspirant. L’équipe de SMA Course au large sont dans une perpétuelle démarche d’optimisation, d’innovation, d’amélioration et de recherche de la performance. C’est ce que l’on cherche aussi à faire au quotidien au sein de nos équipes. Là où ça devient intéressant c’est quand on se rend compte que ce travail porte ces fruits et permet d’obtenir de bons résultats. »

Michel Desjoyeaux : « Oui. C’est aussi une question de points de vue. Les propos ne sont pas de moi mais du patron de l’INPI (l’institut national de la protection industrielle), la structure qui gère les brevets en France. « Est-ce que fabriquer des pizzas c’est quelque chose d’innovant ? Non, les Italiens en font depuis 400 ans. Créer une mobylette est-ce quelque chose d’innovant ? Non, parce que ça fait 70 ou 100 ans que ça existe. Alors est-ce que mettre une pizza dans une mobylette pour la livrer chez le client, c’est une innovation ? Est-ce que c’est sujet à brevet ? C’est une bonne question. En se penchant sur le droit, en fonction des différents pays, tu n’obtiendras pas la même réponse. »

Découvrez le premier entretien "Accompagner"

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