A la Une - BIM : interopérabilité oblige

L’interopérabilité des données est un enjeu essentiel du BIM pour que les acteurs de la construction puissent échanger et élaborer un projet commun. La standardisation des formats d’échange n’est pas encore optimale. Qu’en est-il de l’interopérabilité. ? Eléments de réponse.

"Le but n’est pas seulement de construire, mais d’anticiper les usages liés à l’exploitation des bâtiments existants. Au cœur de cette problématique qui mêle informatique, big data et stratégie d’urbanisation, on retrouve une notion clé : l’interopérabilité." (-)

Rubrique A La Une2 BIMPour mémoire, le BIM (BIM information Model) est une méthode de travail basée sur la collaboration autour d’une maquette numérique définissant les responsabilités et le cadre de chacun des acteurs de la construction (chacun est responsable d’une partie de l’information). Jusqu’ici, les outils et les logiciels fonctionnaient en silo ce qui empêchait l’échange de données.

Depuis 2015, l’interopérabilité fut l’une des actions lancées pour développer un écosystème de confiance et le développement du numérique dans l'acte de construire. L’objectif est d’optimiser la capacité des acteurs à échanger, à partager, et à comprendre l’information tout au long du cycle de vie d’un projet, de sa conception à sa maintenance.

Pour l’association Médiaconstruct, « il s’agit de mettre en place un écosystème technique ouvert intégrant une structuration des informations fondée sur des approches non propriétaires (openBIM, openGIS), s’appuyant elles-mêmes sur des infrastructures en open source ».

Au-delà de fluidifier les échanges entre acteurs, le but de l’interopérabilité est également de réduire les erreurs,  de mutualiser les coûts, de répondre à l’obligation de non-discrimination des marchés publics français lors des appels d’offres, et de gérer numériquement les données sur un cycle de vie supérieur à 50 ans.

Comment fonctionne l’interopérabilité ?

A ce jour, elle repose sur l’articulation notamment :

  • des processus : IDM, BEP et information management. Cela concerne les méthodes d’échanges des informations et le management d’un projet BIM.

  •  des formats d’échange de données : IFC et BCF.  Cela consiste à faire communiquer les machines entre elles.

  •  des dictionnaires et des classifications. Ils réfèrent à la terminologie où sont consignées les définitions des concepts. Les classifications ont l’avantage d’organiser le contenu des dictionnaires. 

 

D’autres travaux transverses sont également en cours, notamment : des Models views (MVD et mvdXML), des Objets BIM et Bibliothèques d'objets, conteneurs de données…

En France, la normalisation est opérée par différents organismes professionnels du secteur de la construction. Le Comité Européen de Normalisation (CEN) et l’Organisation internationale de normalisation (ISO) y travaillent également.

Et demain ?

L’implantation de la maquette numérique progresse (35 % (parti de 27 %), PTNB de mars 2017) malgré les difficultés d’interopérabilité rencontrées. Cependant, à la croisée de nouveaux usages (maintenance prédictive, utilisation dynamique des espaces, réalité augmentée, objets connectés…) le travail de normalisation devra se poursuivre, ce que reconnait l’Etat dans son nouveau Plan BIM 2022. Un graal atteignable ?

 

Sources

- Médiaconstruct, Le déploiement du BIM en France, novembre 2018

- Ministère de la cohésion des territoires, Charte d’engagement volontaire de la filière du bâtiment « Objectif BIM 2022 », novembre 2017

 

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