A la Une - Versailles, un chantier expérimental

Bien avant la Sécurité sociale, les accidents du travail étaient pris en compte. Le Roi-Soleil, lors de l’édification de son château, fit mettre en place des barèmes d’indemnisations.

"40 livres pour une jambe cassée, 18 livres pour une main cassée, 50 livres pour un œil crevé" (-)

A La Une2 Versailles articleLa construction du château de Versailles, entreprise dès 1668, est l’exemple type du chantier hors normes. Jusqu’à 30 000 ouvriers y intervinrent.

Pendant ces travaux d’envergure, de nombreux accidents du travail survinrent, entraînant la mort ou l’invalidité. Les médecins Claude Lottin, Eloy Martin et Bertrand du Clavier officiaient sans relâche.  Un barème avait cours pour pensionner les blessés ou les veuves : 40 livres pour une jambe cassée, 18 livres pour une main cassée, 50 livres pour un œil crevé. La tête cassée d’un manœuvre valait 20 livres, celle d’un maître 60. La veuve d’un marbrier touchait 50 livres, celle d’un maître 60 livres, celle d’un manœuvre 20 livres seulement. Le roi dépensait chaque année environ 7 966 livres pour les blessés. Si les ouvriers étaient malades ou blessés chez eux, on les soignait aussi.

Pour y pourvoir, on en appelait à la charité privée : les religieux de la charité du Faubourg-Saint-Germain, les sœurs de Saint-Vincent-de-Paul, l’abbaye bénédictine de Coulombs, des pères récollets de Versailles furent mis à contribution. Certains malades étaient soignés chez l’habitant.

Dans des hôpitaux souvent créés à dessein, les morts étaient évacués avant l’arrivée des infirmiers, à cinq heures du matin. On compta jusqu’à plus de  2 000 blessés et convalescents ; à elle seule, la machine de Marly, d’une audace technique encore mal maîtrisée, fit 50 blessés par an, et plusieurs morts.

Opérations périlleuses, la décharge de charrettes enlisées et les percements dans les carrières firent aussi bien des victimes.

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