A la Une - Paris, ville du XIXe siècle

Jusqu’au Second Empire, Paris souffrit d’épidémies de choléra et son infrastructure favorisait l’insécurité et l’érection de barricades. 70 % de la population vivait dans des conditions indignes.

"Pas moins de 60 % de la capitale furent ainsi transformés" (-)

0517 A La Une2 ParisHaussmann articlePour des raisons à la fois sanitaires et stratégiques, Napoléon III lança les grands travaux qui, sous la houlette du baron Georges Eugène Haussmann, préfet de la Seine de 1853 à 1870, firent de la capitale la Ville lumière. Né le 27 mars 1809 à Paris (où il mourut le 11 janvier 1891), il dirigea des transformations d’une envergure sans précédent, dans l’esprit des travaux engagés par ses prédécesseurs à la préfecture de la Seine, Rambuteau et Berger. Pas moins de 60  % de la capitale furent ainsi transformés.

Haussmann dota la ville d’un réseau supplémentaire de 600 kilomètres d’égouts, éclaira les rues au gaz, créa un nouveau réseau d’alimentation en eau. Il fit dégager plusieurs monuments étouffés par des ceintures de vieilles bâtisses  (la Madeleine, le Carrousel et Notre-Dame restaurée qui retrouva sa flèche) ; il créa 70 écoles, des casernes, fit concevoir de nouveaux monuments (l’Opéra Garnier, le nouveau Louvre, le tribunal du Commerce, le Cirque d’hiver),  des églises (Saint-Augustin, la Trinité, Notre-Dame-des-Champs, Saint-Ambroise), des hôpitaux (l’Hôtel-Dieu), des gares (de Lyon, du Nord), des marchés et des halles (les pavillons Baltard), des théâtres (les deux édifices situés Place du Châtelet).  Des places furent ouvertes (l’Etoile, pourvue de douze nouvelles artères, la Bastille, Nation et République…). Des quartiers se perçaient de nouvelles artères (pour n’en citer qu’une partie : les boulevards de Sébastopol, de Strasbourg ; les avenues Daumesnil, de l’Opéra ; les rues Réaumur, de Rennes…). Bien d’autres voies furent prolongées (rue de Rivoli, boulevards des Invalides et Montparnasse) ou élargies (Grands boulevards, rue Soufflot) ; les nouveaux ponts Sully et Louis-Philippe enjambèrent la Seine. La plupart des nouvelles artères furent plantées d’arbres, tandis que des espaces verts étaient créés ou réaménagés : parc Monceau, parc Montsouris, Buttes Chaumont, square des Batignolles, square de Cluny, square des Innocents, bois de Boulogne et de Vincennes. La colline de Chaillot fut arasée. Élargi par décret, Paris passa de neuf à vingt arrondissements. 

Ce programme entraîna l'expropriation et la démolition de nombreuses constructions anciennes parfois d'un grand intérêt historique et architectural, ainsi qu’une spéculation effrénée ; le coût des travaux suscita bien des rumeurs, mais Paris fit l’admiration du monde entier. Ici, l’on déplaçait des constructions (la fontaine des Palmiers, place du Châtelet, et la fontaine Médicis, au Luxembourg) ;  là, des cimetières étaient  supprimés et leur contenu transféré dans les Catacombes. L’époque était tournée vers l’innovation : Eiffel réalisait ses premiers travaux d’architecture métallique ; Garnier mêlait de nouvelles techniques aux anciennes ; Baltard utilisait la fonte dans ses pavillons. Le patrimoine historique, sous l’impulsion d’Eugène Viollet-le-Duc, reprenait vie.

Les bouleversements de la Ville se poursuivirent ensuite. Après la guerre de 1870, la révolution du 4 septembre renversa le Second Empire sous les yeux de l’occupant prussien. Paris assiégé souffrit tant qu’il refusa la capitulation signée par la nouvelle République : ce fut la proclamation de la Commune, que Thiers écrasa au cours d’une semaine de combat qui devait survivre dans l’histoire sous le nom de « Semaine sanglante ». La guerre civile fut le théâtre de nombreux incendies, ajoutant les dégâts du feu à ceux des bombardements (qui avaient atteint le palais du Luxembourg, le Palais Bourbon, l’église de la Trinité, et en banlieue, enflammé les châteaux de Saint-Cloud et de Meudon…). De nombreux édifices disparurent dans les flammes les Tuileries, l’Hôtel de Ville, le Palais royal, une partie du palais de Justice, les docks de La Villette, les greniers d’abondance du boulevard Bourbon, le Palais de la Légion d’honneur, l’Arsenal, la Cour des comptes, le Conseil d’Etat, la préfecture de police, le théâtre de la porte St Martin, le Théâtre Lyrique, la manufacture des Gobelins, la caserne d’Orsay, l’église de Bercy, la mairie du XIIe arrondissement, les Archives de la Seine, plus de 200 immeubles, les rues Royale, de Lille, Du Bac… Jamais plus, dans son histoire, Paris ne subit de dégâts aussi importants et les chantiers se poursuivirent de nombreuses années. Certains monuments, comme l’Hôtel de Ville, furent reconstruits ; d’autres, comme les Tuileries, furent rasés.

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